Dino Buzzati, Le Désert des Tartares

« Il me semble que c'était hier que j'étais arrivé. »


Heureux d'échapper à la monotonie de son Académie militaire, le lieutenant Drogo apprend avec joie son affectation au fort Bastiani, une citadelle sombre et silencieuse, gardienne inutile d'une frontière morte. Au-delà de ses murailles, s'étend un désert de pierres et de terres desséchées, le désert des Tartares. A quoi sert donc cette garnison immobile aux aguets d'un ennemi qui ne se montre jamais ? Les Tartares attaqueront-ils un jour ? Drogo s'installe alors dans une attente indéfinie, triste et oppressante. Mais rien ne se passe, l'espérance faiblit, l'horizon reste vide. Au fil des jours, qui tous se ressemblent, Drogo entrevoit peu à peu la terrible vérité de fort Bastiani.

Dés le début du livre, j'ai trouvé ce livre étrangement prenant. Il ne s'y passe rien, ou en tout cas pas grand chose mais je n'ai pu m'en détacher une fois ma lecture commencé, c'est ce qui fait la richesse de ce roman. Le suspense est omniprésent. J'avais déjà bien aimé le K de Buzzati mais ce livre le surpasse largement.

Ici Dino Buzzati traite avec ironie le thème de l'attente, du temps qui passe. Celui-ci semble parfois suspendu pendant des dizaines de pages où l'on a l'impression qu'il ne se passera jamais rien. Et pourtant, on ne peut quitter ce livre, comme Drogo finit par ne plus pouvoir quitter le fort Bastiani. A d'autres moments, Drogo semble faire d'un coup un bon dans le futur, il quitte l'éternel présent constitué par la routine du fort, quand il va en permission pour la première fois par exemple ou encore quand il prend conscience qu'il a vieilli et n'a rien fait de sa vie. La fin du roman est un moment particulièrement intense et qui m'a particulièrement émue.

Le seul reproche que j'aurai à faire à ce roman est qu'il m'était difficile de me retrouver parmi les grades militaires. Mais ce n'est pas vraiment un reproche puisqu'il n'est pas lié au roman mais à mes propres connaissances.

Commentaires

  1. Je l'ai dans ma PALcelui ci. C'est le synopsis qui m'avait attiré. J'espère bien accroché mais vu ce que tu en dis, je sens que je vais aimer (l'ironie et moi c'est une histoire d'amour ^^)

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    1. Je ne peux que te le recommander vivement, et ça me rappelle qu'il faut vraiment que j'achète d'autres œuvres de Buzzati.

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